Silvouplait, pas de mise en scène ni fausse surprise : de la vérité, de la démocratie.
Suite à l’article du 7/04/2026, nous constatons un classique de début de mandat pour le nouveau maire, Eric Bizard : il déclare dès son arrivée que la situation financière est mauvaise et sa pratique de la démocratie locale souffre déjà d’une difficulté à respecter les engagements de campagne.
Rien ne justifie de jouer la surprise concernant la situation financière, elle était connue de tous. C’est son appréciation et les solutions qui diffèrent. C’est pourquoi nous alertons dès maintenant sur ce qui devient alors un risque supplémentaire : une baisse de la taxe foncière. Annoncée durant la campagne électorale, celle-ci fragiliserait davantage les finances communales. Si celles-ci sont effectivement contraintes, aucune raison objective d’en « être sonné ». En effet, si la baisse progressive dans les prochaines années de la Dotation de Solidarité Rurale (DSR) confirme la fragilité des recettes fiscales, alors une baisse de la taxe foncière ne ferait que l’amplifier :
- Elle offrirait un gain très limité aux propriétaires lislois, même avec des biens importants
- La compensation de la perte de recettes par l’arrivée de nouveaux habitants resterait incertaine : tous ne seront pas propriétaires ni imposables
- De plus, leur accueil, par ailleurs une bonne chose sans conteste, nécessitera de nouveaux services publics et donc de nouvelles dépenses par la collectivité
- En revanche, elle entraînerait une perte significative, entre 60 000 et 80 000 € par point de taxe, soit jusqu’à 160 000 € pour deux points qu’il faudrait alors répercuter d’autant sur les dépenses.
Plutôt que baisser la taxe foncière, nous préférons un choix de justice sociale : baisser les factures d’eau, déchets, cantines et mobilités.
Ensuite, concernant les investissements liés à la station d’épuration, là encore, aucune surprise. Comme évoqué durant la campagne, une mutualisation avec d’autres projets permettrait d’amortir efficacement le coût élevé. Nous restons disponibles pour en préciser les modalités car il s’agit de services publics essentiels, au premier rang desquels l’eau et de leur bonne gestion dépend l’avenir.
Enfin, 3ème et dernier autre point tout aussi préoccupant : l’éloignement d’une démocratie locale exemplaire avec le 1er conseil de la Gascogne Toulousaine du 7 avril qui a confirmé nos inquiétudes. L’élection du président et de ses onze vice-présidents s’est déroulée suivant un scénario très précis : un.e seul.e candidat.e à chacun des 12 postes, puis un vote quasi systématique de 30 voix sur 35, avec aucun projet politique annoncé par qui que ce soit. Nous y reviendrons plus en détail dans une prochaine note, mais une chose est déjà claire : d’avoir cédé si rapidement à la logique de dépolitisation structurelle des communautés de communes n’en est pas moins préoccupant. Car si ces instances portent si facilement à devenir des espaces de cogestion transpartisane entre élus, à huis clos sans projet politique, ne pas avoir évité ce mauvais versant contredit l’annonce d’une autre « démocratie locale ». Cela aggrave la méfiance envers les institutions publiques et entretient une abstention déjà bien trop haute.
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D’une l’Isle à l’autre — 10 avril 2026
