On l’entend à chaque débat sur le centre-ville : « si on enlève les voitures, les commerces vont mourir ». Ce slogan — « No parking, no business » — a été inventé par un lobbyiste de la grande distribution. Et toutes les études le contredisent.
Les chiffres qui tordent le cou à l’idée reçue
Une enquête détaillée de Bon Pote compile les données françaises :
- Dans les villes de plus de 100 000 habitants : 64% des clients du centre-ville viennent à pied, 24% en voiture
- Dans les villes moyennes (10 000 à 100 000 habitants — c’est nous) : 50% en voiture, 47% à pied, 3% à vélo
- À Paris : 48% en transports en commun, 40% à pied, 7% à vélo, 3% en voiture
Le plus frappant : les commerçants se trompent complètement sur leurs clients. À Nancy, ils estimaient que 77% de leurs clients venaient en voiture. En réalité ? 35%. Ils sous-estimaient les piétons (11% estimé contre 39% réel) et les cyclistes (1% estimé contre 13% réel).
C’est ce qu’on appelle le « biais du pare-brise » : on entend surtout les automobilistes qui se plaignent du stationnement. Les piétons et cyclistes, eux, entrent et achètent sans rien dire.
Piétonniser, ça marche — les preuves
- Arras (2018) : piétonnisation de la grand-place. Résultat : l’un des centres-villes les plus dynamiques de France, avec moins de commerces vacants qu’avant
- Dunkerque : +30% de fréquentation du centre-ville grâce à la gratuité des transports et la piétonnisation. Moins de locaux vides que la moyenne nationale
- Bordeaux : le panier moyen des cyclistes est 21% supérieur à celui des automobilistes
Et à l’inverse, les expériences de parking gratuit ont échoué partout : Tarbes, Saint-Nazaire, Compiègne — toutes ont conclu que c’était contre-productif voire « désastreux ».
Le vrai ennemi du commerce de centre-ville
Ce n’est pas le piéton, ni le vélo, ni la piétonnisation. C’est :
- Le e-commerce : +14% de croissance annuelle entre 2010 et 2020, contre +1,4% pour le commerce physique
- Les zones commerciales en périphérie : 84% des habitants du centre-ville achètent en centre-ville, mais 83% des habitants des périphéries achètent en périphérie. Construire du périurbain sans limites, c’est vider le centre
- Un centre-ville hostile : bruit, pollution, trottoirs encombrés par les voitures garées. Qui a envie de flâner et d’acheter dans ces conditions ?
Ce que nous proposons pour L’Isle-Jourdain
Notre programme mobilités s’inscrit exactement dans cette logique :
Rendre le centre-ville agréable :
- Boulevard urbain sur l’avenue Parisot : une voie pour les voitures, l’autre pour piétons, vélos et PMR. Reconnecter les places de la Mairie et Gambetta
- Réappropriation des places publiques au profit des habitants, des piétons, de la vie collective
- Un nouveau plan de circulation et de stationnement élaboré avec les Lislois
Offrir des alternatives à la voiture :
- Navettes TILEO v2 gratuites sur toute l’intercommunalité, articulées avec les trains
- Navettes spécifiques pour le marché : stationnements éloignés, accès facile au centre
- Pistes cyclables sécurisées et cheminements piétons
Protéger la ville des traversées inutiles :
- Déviations EST et OUEST pour sortir les camions et le trafic de transit du centre-ville
Un centre-ville où l’on circule à pied, à vélo, en navette — c’est un centre-ville où l’on s’arrête, où l’on entre dans les boutiques, où l’on prend un café en terrasse. Pas un centre-ville qu’on traverse à 50 km/h vitre fermée.
No parking, more business.
Source : Bon Pote — « No parking, no business : c’est faux ! »
